
Trois manipulations trompeuses, voire illégales, dans le business du bien-être
Aujourd’hui, je voulais écrire un article sur les boissons au collagène. Mais, en faisant mes recherches, je suis tombée sur une enquête de l’UFC-Que Choisir. Et là, changement de programme.
En effet, dans cet article consacré aux fausses promesses du collagène (j’y reviendrai plus tard), il y avait tout un paragraphe sur trois manipulations commerciales dont nous sommes victimes.
Oui, certaines pratiques sont connues. Mais, la dernière m’a vraiment interpellée. Je les partage ici, parce qu’on ne peut pas normaliser ce genre de méthodes. Il faut les dénoncer sans cesse et peut-être qu’à force de les exposer, elles finiront un jour par disparaître. (Même si je n’y crois pas beaucoup).
Passons en revue ces trois techniques de manipulation
1 – Le marketing scientifique.
C’est sans doute la méthode la plus vieille du monde : parler compliqué pour paraître crédible. Le coup du vocabulaire médical, on le connaît. On sait que les marques l’utilisent pour se donner un vernis scientifique. Et pourtant… beaucoup continuent encore à se faire avoir.
On nous donne l’impression qu’il s’agit d’un produit médicalement validé. Et, ce n’est quasiment jamais le cas.
Dans les cosmétiques anti-âge, certaines marques parlent carrément de « technologie épigénétique » ou de « réactivation des gènes de jeunesse ». Dans les compléments minceur, on te vend des « brûleurs de graisses thermogéniques » ou des « activateurs métaboliques ». Tout ça impressionne.
Et sur les réseaux sociaux, c’est encore plus flagrant. Dans les réels, sur Instagram ou TikTok, certains vendeurs adoptent carrément les codes visuels du milieu médical : ton docte, décor blanc, blouse, lunettes… tout est là pour faire sérieux, même quand le discours n’a rien de scientifique.
On t’explique avec aplomb qu’il faut « nourrir tes cellules » ou « activer ton métabolisme », comme si c’était une prescription médicale.
Alors oui, on commence à connaître la ficelle. Mais, cette manipulation continue de faire son effet, parce que quelque part, on veut y croire. Et tant qu’on laissera passer ces discours déguisés, le marketing scientifique restera l’une des armes les plus efficaces pour vendre du rêve sans preuve.
2 – Contenu sponsorisé dans des médias de renom : le lecteur floué.
Deuxième technique pointée par l’UFC-Que Choisir : l’achat de fausse crédibilité. Lorsqu’on cherche un produit sur Internet, on tombe souvent sur des articles publiés par de grands médias.
Mais, derrière le logo de ces grands médias (BFM, Le Point, Challenge, Cosmopolitan…) se cachent souvent des contenus sponsorisés, rédigés par des auteurs extérieurs à la rédaction.
- Prenons un exemple concret : BFM a publié un article intitulé « Meilleurs suppléments de xxxx – guide d’achat ». (je ne vais pas faire la pub !) À première vue, cet article ressemble à un comparatif impartial. Cependant, il s’agit en réalité d’un contenu sponsorisé, où les produits mis en avant ont payé pour être présentés.
Dans ce cas, BFM et les autres encaissent de l’argent de la part des marques pour publier ces articles. Ces pages ressemblent à des articles classiques, mais elles n’ont rien de journalistique. Ce sont des publicités, parfois mal signalées, dont le seul objectif est de promouvoir des produits en échange d’une rémunération. Et cela fonctionne, car le lecteur pense consulter une source fiable.
Sur ces pages, on trouve une discrète mention :
« Ce comparatif n’a pas été réalisé par la rédaction de BFMTV.com. »
« BFMTV.com est susceptible de percevoir une rémunération lorsqu’un de nos lecteurs procède à un achat via ce comparatif. »
C’est écrit en tout petit, en haut ou bas de page, et beaucoup de lecteurs doivent passer à côté.
- Autre exemple : Le Point a aussi publié ce genre de contenus, comme « Les meilleurs multivitamines en 2025 ». Même si rien ne dit clairement que c’est sponsorisé, la présentation des produits laisse planer le doute. On ne sait plus si on lit une enquête ou une opération commerciale bien emballée. Néanmoins, en toute fin d’article, on peut lire « La rédaction du Point n’a pas participé à la réalisation de cet article. »
Ces exemples montrent que ces médias très suivis n’hésitent pas à publier des contenus sponsorisés qui ressemblent à des articles journalistiques, induisant le lecteur en erreur quant à l’objectivité des informations présentées.
3 – La plus scandaleuse : invoquer de faux organismes officiels, des fausses certifications, etc.
Et voilà la pire !
Au-delà des discours pseudo-scientifiques et des publicités déguisées, certaines marques de compléments alimentaires franchissent une ligne rouge en inventant de toutes pièces des organismes officiels ou des certifications pour légitimer leurs produits. Ces pratiques trompeuses visent à induire le consommateur en erreur en lui faisant croire que le produit a été validé par des autorités compétentes.
Par exemple, l’UFC-Que Choisir a révélé que certains vendeurs (sans mentionner lesquels) affichent des logos ou des mentions de certifications émanant d’organismes inexistants, tels que la « Direction générale de la sécurité sanitaire des produits alimentaires française ». Ce nom imite ceux d’institutions réelles, comme l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) ou la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes), pour semer la confusion et créer une fausse impression de légitimité.
Autre exemple : certains fabricants prétendent que leurs produits font l’objet d’essais cliniques dans des hôpitaux renommés, comme l’hôpital Georges-Pompidou à Paris. Or, après vérification par l’UFC-Que choisir, ces affirmations se sont révélées infondées.
J’ai fait des copies d’écran, car vous me croirez ou pas, certains articles de l’UFC-Que choisir, disparaissent du Net…
Ces manipulations ne se limitent pas à la création de faux organismes. Certaines entreprises utilisent également des labels ou des certifications détournés de leur signification originale pour induire le consommateur en erreur. Par exemple, des produits arborent des labels bio ou des mentions « 100 % naturel » sans que ces allégations soient vérifiées par des organismes indépendants.
Il est important de noter que ces pratiques sont illégales. Selon la DGCCRF, l’étiquetage et la publicité des compléments alimentaires doivent respecter des règles strictes pour ne pas induire le consommateur en erreur. L’utilisation de mentions fausses ou trompeuses, notamment concernant l’existence ou l’agrément d’un organisme officiel, est passible de sanctions.
Face à toutes ces manipulations, il est essentiel pour les consommateurs de rester vigilants et de vérifier les informations fournies par les fabricants. Oui, nous en sommes là !
Que faire ?
Ces manipulations ne sont pas des accidents. Elles ne viennent pas de marques isolées ou de vendeurs mal informés. Elles sont réfléchies, structurées, intégrées au business modèle.
On ne parle pas ici d’un petit flou sur une étiquette.
On parle de faux logos, de fausses autorités, de fausses études.
On parle d’articles payés pour influencer sans le dire.
On parle d’un marché qui te regarde droit dans les yeux pendant qu’il te ment.
Alors oui, on le sait. Oui, on en a déjà entendu parler.
Mais c’est justement pour ça qu’il faut le répéter. Encore et encore.
Parce que ces méthodes ne disparaissent pas. Elles se banalisent.
Et moi, je préfère en parler trop souvent que faire comme si c’était devenu normal !
Source principale : ARTICLE DE UFC-QUE CHOISIR
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