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Nouveau Nutri-Score : l’impression d’être mieux informé ? Pas tout à fait

Je ne sais pas ce que tu en penses, mais moi, il y a un « truc » que je ne saisis pas dans cette histoire. Alors, je me trompe peut-être, mais je ne trouve pas que ce nouveau nutri-score est une réelle avancée ! Je t’explique pourquoi. Décryptons tout cela ensemble.


Le Nutri-Score, une vraie avancée… mais limitée

Quand il est apparu en 2017, le Nutri-Score a vraiment apporté quelque chose. C’est indéniable !


Pour la première fois, on avait un outil visuel, clair, facile à comprendre. Il a permis de comparer les produits, même au sein d’une même gamme.

Toutefois, rapidement, des incohérences sont apparues :

  • Des jus de fruits affichaient un B, alors qu’ils contiennent autant de sucre qu’un soda.
  • Des céréales, telles que Chocapic ou Frosties affichaient un B, malgré plus de 30 g de sucre pour 100 g.
  • Des fromages comme le camembert ou le comté étaient pénalisés, alors qu’ils sont peu transformés et riches en calcium.

Il fallait donc corriger le tir. Ce qui a été fait.


Une nouvelle version… freinée par les lobbys

Une réforme du calcul a été engagée. Et, la mise à jour du Nutri-Score devait voir le jour plus tôt. Toutefois, les lobbys agroalimentaires ont tout fait pour retarder sa mise en place.

Les industriels de secteurs comme :

  • les fromages AOP,
  • les céréales du petit-déjeuner,
  • les plats préparés,

ont freiné les discussions, craignant que leur image en pâtisse (à juste titre).

Résultat ? Des mois de blocages, des négociations, des désaccords politiques, notamment en France.

Le système a finalement été validé au niveau européen fin 2023… Mais, la France n’a officialisé la réforme que le 14 mars 2025.
Les entreprises disposent désormais de 2 ans pour adapter leurs emballages (source : Service-public.fr).


Ce que change vraiment le nouveau Nutri-Score

Le principe reste le même : une note de A à E, fondée sur un calcul qui pondère les bons et les mauvais éléments nutritionnels.

Plusieurs critères ont été renforcés dans le nouveau Nutri-Score :

  • Le sucre est désormais plus sévèrement noté, y compris celui des fruits.
  • Le sel, très présent dans les plats préparés, est davantage pénalisé.
  • Les acides gras saturés (gras animal) sont plus surveillés.
  • Les aliments ultra-transformés (additifs, édulcorants…) sont dans le viseur.

À l’inverse, certains points sont mieux valorisés :

  • Les fibres
  • Les légumineuses, fruits, légumes, oléagineux
  • Les protéines, si elles ne s’accompagnent pas de trop de gras ou de sel.

Objectif  : éviter les fausses bonnes notes sur des produits transformés.

Et c’est très bien ! Mais…


Mais le problème reste entier : l’affichage du Nutri-Score (ancien ou nouveau) est facultatif

Et là, on touche au vrai nœud du problème.

Le Nutri-Score n’est toujours pas obligatoire.

Les marques peuvent choisir de l’afficher… ou pas.

Ce qui va se passer ?

  • Les marques qui conservent un A ou un B vont continuer à l’afficher fièrement.
  • Mais, que vont faire celles dont la note va passer de B à D avec le nouveau calcul ? Elles vont juste retirer le logo. Discrètement. Sans prévenir personne.

Et le consommateur ne verra rien. Pas d’étiquette = pas d’alerte.

Il pensera parfois que le produit est « neutre », alors qu’il a peut-être été recalé par le nouveau barème.

céréales pour lesquelles le nouveau nutri-score va baisser ou disparaitre


Le nouveau Nutri-Score : une réforme qui donne l’illusion de progrès ?

Sur le papier, cette réforme est une bonne chose :

  • Le calcul est plus fiable
  • Les produits trop sucrés ou trop salés sont mieux identifiés
  • Les aliments bruts ou peu transformés sont mieux notés

Mais dans les faits :

❌ Aucune transparence sur les retraits de Nutri-Score
❌ Pas d’obligation d’affichage pour les industriels
❌ Pas de mention indiquant si un produit a perdu sa note


Conclusion : une réforme utile… mais à moitié

Le Nutri-Score a été une belle avancée.
Mais cette mise à jour, bien que techniquement plus juste, ne règle pas le cœur du problème.

Tant qu’il ne sera pas obligatoire, nous continuerons à n’avoir qu’une partie de l’information.

Et une information partielle, c’est souvent plus trompeur… que pas d’information du tout.

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🔗 Sources

  • Santé publique France – Présentation du Nutri-Score : 👉  ici

  • Service-public.fr – Réforme 2025 : 👉 ici

  • DGCCRF – Affichage non obligatoire : 👉  ici

  • Chocapic 👉 ici

 

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